Dans les années 1930, Henri Androuët, maître-fromager à Paris, crée le Brillat-Savarin. Il le baptise du nom de l'illustre gastronome du 19e s., par ailleurs révolutionnaire, magistrat et écrivain qui nous légua La Physiologie du goût. Androuët reprit un principe ancien : partir d'un fromage frais, y ajouter de la crème puis l'ensemencer avec un champignon pour obtenir un fromage à pâte molle à maturation courte, d'environ 3 semaines. Le fromage choisi au départ était déjà un double-crème ! Grâce à sa « fermeté crémeuse » et à son odeur de lait très légèrement acidulé, un jeune Brillat-Savarin est assurément à mettre dans toutes les bouches. Pour terminer en douceur un repas, vous l'accompagnerez d'une salade de fruits et d'un verre de champagne. Mais le corps et le bouquet d'un jeune Saint-Émilion ou plus sagement un bon rouge de Touraine suffiront à votre bonheur.Bien qu'on conseille de le consommer "jeune", certains le préfèrent affiné plus de 4 semaines. Il présente alors des taches oranges sur sa surface et son goût est devenu assez fort. Attention : si la croûte est trop foncée, sa pâte peut être huileuse et son goût aigre. Mais laissons le dernier mot à l'auteur de La Physiologie du goût : « Oeuf d'une heure, pain du jour, vin d'un an, poisson de deux, maîtresse de quinze, ami de trente. » Et fromage ?















